Chinguetti

chinguetti

Le parcours au sein de l’atelier et d’autres ailleurs s’assimile aux étapes d’un chemin de matières, couleurs, mots ; d’impressions mutuellement définies, comme des  »couleurs complémentaires », ou des jeux de contrepoint qui, pour se compléter, se rejoignent dans un dialogue secret et silencieux.

Le paysage est traité avec de surprenants effets de distance. Les formes a priori figuratives rejoignent un principe d’abstraction totale. Les fonctions des éléments s’inversent. Les mots, alors, nous ramènent à une ombre portée d’un quai, d’un rempart, d’une forme. Vivre ainsi une expérience où le monde est accessible autrement, par une relation renouvelée à ce qui nous entoure. Non plus dans une expérience du réel mais bien dans une exploration de soi où l’on se retrouve libéré et disponible.

Peinture et écriture de lieux d’éloignement. Un univers d’évocations distanciées. Des silhouettes diluées, des mots captés sur un quai, au cœur d’un désert. Le doute s’installe dans le temps où l’on croit identifier un lieu et quelques mots suffisent, dans leur matérialité, à nous décaler vers des points de fuite insolites.

Dire l’atelier, refuge des paysages traversés comme le ferait un poète chinois de très ancienne époque qui, pour s’éloigner du monde, aurait choisi de cultiver la sagesse contemplative en plein mitan des choses et des gens. Ou comme un vieux moine japonais retiré dans une cabane de pêcheur, passé maître es arts du Haï Ku  pour dire en quelques mots l’expérience d’un petit vertige privé et de l’infini des nuances.

Chaque toile désigne en elle-même la peinture, la provoque et la modifie ; chaque texte use du langage et le transforme par cet usage même, qui réfléchit en son principe la question de l’être et de la liberté.

La rencontre a lieu, sur un autre mode, à force d’élégance et de discrétion. Ce qui se passe sur la toile, le papier, s’apparente à une méditation, à une particularité du regard, réconcilié avec un instant qui fut là, regard où s’augmentent nos propres illuminations de voyant.

La musique chemine alors entre ombres, lumières. Elle suit son cours comme si de rien n’était, ouverte à l’imprévu.


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